MERDE À VOUS TOUS,
a dit Clint Eastwood
 

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-PROLOGUE, par Majo Fontaner-

 

(Ce texte était originellement écrit comme un prologue, mais a été finalement inclus dans le contre-couverture du livre.)

 

«Ce qui est bien quand tu écris un livre comme celui-ci, c'est que tes amis, les gens qui t'aiment, vont le lire. Après quoi, ils ne t'aimeront plus. Quel soulagement!»

 

Ces mots, premières lignes du roman, rendent superflu tout autre commentaire pour sa présentation. De même qu'il suffirait de retranscrire le dialogue suivant, authentique, entre un célèbre écrivain français et l'auteur de ce livre :

Tu sais quel est, ton problème? C'est que tu écris en pensant à des jeunes rebelles. Mais ceux qui achètent des livres aujourd'hui ne sont ni l'un ni l'autre, ni jeunes ni rebelles. La rébellion est un anachronisme. Il n'y a plus de rebelles.
– C'est vrai. D'ailleurs, il n'y a même pas de jeunes non plus.

Chaque page retrouve ce non-conformisme sarcastique qui s'appuie sur un humour –jeux de mots et de situations– produisant un effet résiduel plutôt corrosif. Ce n'est certes pas un livre sans contre-indications. Le mince fil conducteur du récit est un fait policier dont même le protagoniste ne semble guère se soucier alors qu'il risque quand même de finir par être sérieusement impliqué. Car, en fait, le roman s'applique à enregistrer minutieusement le regard de ce protagoniste qui se promène avec une perplexité déguisée en cynisme sur les personnages et les circonstances de notre époque qu'il définit comme «l'ère de l'affection, cette forme bâtarde et handicapée de la passion.»

Grâce à l'originalité de son style narratif, Barron parvient à nous rendre familiers et quotidiens les situations et les personnages les plus délirants voire fantastiques qu'il crée pour nous. Qu'il s'agisse de l'enfant mendiant avec des roues en guise de pieds qui héberge dans sa maisonnette en carton un personnage biblique immortel, ou de l'avocat qui cohabite avec un robot nommé Presidente Perón, qu'il s'agisse des frères jumeaux qui vivent en couple et veulent adopter un bébé, ou du catalogue kaléidoscopique et extravagant de femmes qui entrent et sortent de la vie du protagoniste, le lecteur n'a jamais l'impression d'étrangeté mais si de reconnaissance, de complicité, car le moteur de l'imagination de Barron s'alimente de ce qui se passe dans la rue… bien que vu à travers un prisme d'une rare acidité.

 

 

Néstor Barron est né et habite à Buenos Aires. Pendant les quinze dernières années, il a écrit de nombreux livres, scénarios de radio et programmes de télévision en plus de son travail de scénariste de BD pour des maisons d'édition en Europe, où il a également écrit et réalisé des films documentaires. Néanmoins, il tient à se définir comme "essentiellement un musicien”.

Consulté à propos de ce roman, il nous a envoyé, au lieu d'une analyse du point de vue de l'auteur comme nous l'espérions, un simple e-mail qui dit que «ce roman doit être très intéressant puisque aucune multinationale du livre ne l'a publié». Ce genre de réponse révèle qu'en ce qui le concerne, il n'est pas facile de différencier l'auteur du personnage.

Au moment de la publication de ce livre, Néstor Barron travaille à un autre roman intitulé ":Jazz:" qu'il définit comme «le grand roman psychotique argentin» (?). Il travaille également sur un recueil de récit qui s'intitulera "Comment tuer ta mère et la mère de tes enfants".